6. La zone de la diagenèse
La zone de la diagenèse fut définie en Europe voici un siècle, comme la zone de l'écorce terrestre comprise entre la zone de la sédimentation et celle du métamorphisme. Son épaisseur varie, selon les cas, de 4 000 à 8 000 mètres.
Après leur dépôt, les argiles, comme les autres sédiments, s'enfoncent sous les nouveaux apports qui les surmontent. Progressivement, un essorage va se produire, accompagné de l'augmentation de la température et de la pression. De nouvelles évolutions commencent.
L'exemple d'un forage de 4 000 mètres, percé au Cameroun dans le Crétacé marneux très monotone, est très parlant. Avec la profondeur, on voit la kaolinite et les montmorillonites s'évanouir. À leur place naissent des interstratifiés, puis les deux minéraux caractéristiques des schistes : l'illite et la chlorite. Par transformations et recristallisations, la diagenèse opère. Elle sera suivie du métamorphisme qui développera séricites et chlorites, puis muscovites et biotites, avant la feldspathisation. Il a été intéressant de noter que ces évolutions minérales obéissaient à des mécanismes géochimiques opposés à ceux que l'on peut déchiffrer dans l'altération et la pédogenèse.
Dans la zone de diagenèse, les solutions qui imprègnent les roches peuvent se rassembler dans des failles, ou diaclases, qui leur permettent de se déplacer rapidement. Elles surviennent alors, avec leur température et leur composition, dans un environnement tout à fait étranger à celui qui leur a donné naissance. Des réactions se produisent entre les solutions et l'encaissant. Des dépôts parfois minéralisés se développent, ainsi que l'argilisation des épontes. Ainsi naissent les argiles hydrothermales souvent précieuses : kaolins, bentonites, talcs, etc.
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