Né à Bayeux, archéologue, géologue, Arcisse de Caumont est surtout connu pour son rôle dans le développement de l'histoire de l'art médiéval au xixe siècle. Lorsqu'en 1821 il entre à l'université de Caen pour suivre les cours d'histoire naturelle de J.-V. Lamouroux et l'enseignement de l'abbé Gervais de La Rue, alors maître incontesté de l'histoire de Normandie, l'intérêt pour l'archéologie médiévale est encore très limité, mais s'éveille progressivement, à la faveur d'un concours de circonstances : plusieurs aristocrates émigrés en Angleterre pendant la Révolution ont subi — tels Charles de Gerville et, à un moindre degré, l'abbé de La Rue — l'influence d'érudits anglais dont la curiosité pour l'architecture médiévale était déjà plus développée ; avec la Restauration, la connaissance des monuments susceptibles de dire la grandeur de la monarchie française et de l'Église au Moyen Âge est encouragée, comme l'expose en 1819 le comte de Montlivault, préfet du Calvados ; enfin, le mouvement romantique favorise largement le goût des ruines, mais sans qu'un esprit proprement scientifique soit apporté à leur étude. C'est en 1818 que l'Anglais John Sell Cotman parcourt la Normandie, dessine les principaux édifices, et publie, avec Dawson Turner, auteur du texte, ses Architectural Antiquities of Normandy, dont le retentissement fut grand parmi les érudits normands. Dans cette atmosphère, l'action et l'œuvre d'Arcisse de Caumont sont déterminantes : en 1823, il fonde avec Gerville, A. Le Prévost, ami de Charles Nodier et de Victor Hugo, Pluquet, éditeur de Wace, l'abbé de La Rue, Léchaudé d'Anisy, Hyacinthe Langlois et d'autres personnalités, la Société des antiquaires de Normandie, point de départ d'un extraordinaire développement des études archéologiques dans cette province. À partir de mai 1824, il lit devant la Société un Essai sur l'architecture du Moyen Âge, principalement en Normandie, et peu après ouvre à Caen un cours public qui connaît un extraordinaire succès et touche un auditoire dépassant … ]
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