Au cours du Ve millénaire, la façade atlantique de l'Europe se couvre, depuis le Danemark jusqu’au Portugal, de monuments mégalithiques ou dolmens. Il s'agit de chambres funéraires construites en gros blocs de pierre, pesant souvent plusieurs tonnes, et recouvertes d'un tertre, ou tumulus, de terre et de pierres. Les dolmens permettent d'honorer des morts importants ; on pouvait y placer de nouveaux défunts, la chambre restant souvent accessible de l'extérieur au moyen d'un couloir. Les objets accompagnant les morts sont prestigieux, comme ces grandes haches vertes en jadéite importées des Alpes et retrouvées dans les dolmens bretons (par exemple dans le tumulus Saint-Michel à Carnac, Morbihan). Ces monuments, concentrés à l'extrême ouest du continent, sont l'indice de tensions territoriales. Ils sont érigés au moment où la colonisation néolithique de l'Europe atteint son terme géographique : l'ancrage massif dans le sol des morts les plus prestigieux légitime d'autant la possession de ce sol. Premières tombes hors du commun, les dolmens témoignent aussi de l'apparition en Europe des premières inégalités sociales.
Photographie
Intérieur du dolmen de Gavrinis, Morbihan Vingt-trois des vingt-sept dalles de granit formant le dolmen de Gavrinis (Morbihan) et son couloir sont gravées. Le cas est unique en Europe. IVe millénaire.
Crédits: Erich Lessing/ AKG Consulter
Jean-Paul DEMOULE
Retour en haut



