3. Caractères architecturaux
La terre crue est à l'origine d'un grand nombre de types architecturaux. Citons, entre autres, dans le sud de la Chine, les vastes bâtiments collectifs ouverts sur une cour intérieure ronde ou carrée, fermés sur l'extérieur, dans lesquels vivent les communautés rurales Hakka ; au Yémen, les immeubles citadins de sept à dix étages (Shibam), dont les baies sont garnies de délicats meneaux et d'entrelacs de terre chaulée ; au Mali, les mosquées (Mopti) aux minarets effilés ornés de longues perches, aux intérieurs voûtés et peints de motifs colorés ; en Égypte, en Syrie, les agglomérations de mille coupoles ; au Pérou, plusieurs grandes églises baroques du xviiie siècle ; au sud-ouest des États-Unis, les villages indiens Hopis, Pueblos, savants assemblages de terrasses enchevêtrées sur cinq niveaux. Deux archétypes, sans doute les plus accomplis, résument l'ensemble des traits originaux de l'architecture de terre ; ce sont : la kasbah (château fort) des vallées présahariennes du Maroc, parfois immense et somptueuse comme celle des princes Glaoui à Telouet, malheureusement abandonnée à la ruine, et la case-obus des tribus Mousgoum du Cameroun. Toutes deux expriment avec force comment, des contraintes imposées par l'utilisation du béton de terre, furent tirés peu à peu des effets architecturaux spécifiques.
• Un matériau peu résistant
Le pisé, même stabilisé, ne possède qu'une faible résistance à la compression. Aussi, dans l'architecture de la kasbah, basée sur l'empilement de charges verticales, les effets tirés de murs massifs, de volumes internes peu ouverts sur l'extérieur prédominent-ils nettement. Les portiques qui bordent le patio intérieur n'ont pas la légèreté habituelle des colonnades : les piliers massifs laissent entre eux des intervalles beaucoup plus étroits que s'ils étaient de bois ou de pierre. La case-obus, elle, montre comment – le béton de terre ne pouvant […]
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