7. L'entre-deux-guerres : usine préfabriquée et usine d'architecte
Deux phénomènes contradictoires, mais en réalité complémentaires, apparaissent au lendemain de la guerre : l'entrée massive des architectes dans la construction des usines, et, parallèlement, le rôle nouveau de l'ingénieur en organisation. Avant même la paix de 1918, l'organisation scientifique du travail (l'O.S.T.), mise en place aux États-Unis, avait été présentée comme la solution à la reconstruction industrielle de la France dévastée. À l'image du développement en hauteur et en surface de l'industrie automobile à Highland Park (Detroit, Michigan), la chaîne de montage des usines Ford devient un véritable lieu de pèlerinage industriel et inspire la création, en Europe, d'unités de production immenses telle l'usine Fiat de Lingotto à Turin par l'ingénieur Giacomo Mattè-Trucco (1919), qui établit une piste d'essai sur le gigantesque toit-terrasse de l'usine.
Parallèlement, les nouvelles exigences économiques et technologiques de la production industrielle ont progressivement entraîné une désaffection à l'égard de l'habillage architectural du bâtiment industriel. Les exigences des commanditaires (les besoins en surface, en volumes, en flexibilité, une prise en compte plus stricte des coûts) ont favorisé l'avènement d'un « hyperfonctionnalisme » du bâtiment industriel. La production de l'usine livrée clé en main se développe avec la firme Albert Kahn, qui détient 20 p. 100 de la production américaine des usines, et sa concurrente l'entreprise Austin ; la société du béton Hennebique construit plus de vingt mille ouvrages dans le monde entier. Les entreprises françaises Eiffel, Pantz ou Sée livrent et montent des usines complètes et extensibles en charpentes métalliques vendues par éléments sur catalogue. Le métal est revenu en force à cette occasion, mais comme instrument purement technique, permettant l'édification d'une charpente métallique audacieuse, combinée avec l'usage extensif du verre. Ces systèmes provoquent une véritable internation […]
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