3. Critique du romantisme
Enfin, une troisième lecture permettrait de situer la place des essais de Goethe dans la redécouverte du gothique en Allemagne. Il faudrait alors analyser avant tout ce qui sépare Goethe de l'engouement des auteurs romantiques pour l'art gothique. Ce qui, en 1772, intéresse le jeune auteur dans la cathédrale de Strasbourg, c'est la puissance créative de son auteur : c'est l'art, en d'autres termes, davantage que l'art gothique. Dans l'ensemble de ses textes, Goethe passe ostensiblement sous silence la signification religieuse des cathédrales, le lien entre l'architecture et le texte biblique, le rapport entre l'édifice et son usage cultuel. C'est ce qui différencie Goethe de certains auteurs (F. Wackenroder, L. Tieck, F. Schlegel, J. Görres, etc.) dont il n'a cessé de combattre avec véhémence la coloration chrétienne. Enfin et surtout : jamais Goethe n'a renié sa prédilection pour l'architecture de l'Antiquité et de la Renaissance italienne. « Que chacun soit un Grec à sa manière ! mais qu'il le soit », note-t-il en 1818 dans un texte sur L'Antique et le moderne.
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