2. Pour le néo-classicisme et contre le gothique
Dans un deuxième temps, l'essai de 1772 s'inscrit dans la suite des textes que Goethe a consacrés à l'architecture en général et à l'art gothique en particulier. L'auteur se détournera rapidement du style qu'il avait exalté en 1772. À partir surtout de son voyage en Italie (1786-1788), il devient un adepte ferme des préceptes classiques et néo-classiques. Sa rencontre avec Sulpiz Boisserée en 1811 infléchira légèrement sa position. Son intérêt nouveau pour l'art gothique se reflète alors dans les développements précis qu'il consacre à la cathédrale de Strasbourg (ou plus exactement à sa façade, car ici le reste de l'édifice n'est pas davantage évoqué que dans le texte de 1772), dans le livre 9 de Poésie et vérité (1812). Plus systématique que dans son essai de 1772, cette description souligne les proportions harmonieuses entre la façade dans son ensemble et les détails de l'ornementation, le lien organique entre les différentes parties et le tout. L'ornementation permet de surcroît de donner de la variété à ce qui ne serait guère, sinon, qu'un immense mur. En 1823, Goethe revient à nouveau sur le problème de l'art gothique, qu'il continue, sans aucune nuance nationaliste toutefois, d'appeler architecture allemande.
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