2. Les sites archéologiques sous-marins
• Les épaves
Par leur nombre, par l'importance du matériel remonté de certaines d'entre elles, par la curiosité que suscite l'évocation d'un naufrage brutal et toujours mystérieux, les épaves constituent les sites de fouilles sous-marines les plus spectaculaires. Elles sont le plus souvent chargées d'amphores et c'est à ces grands vases de terre cuite, indestructibles, qu'on doit la conservation de la plupart d'entre elles : un navire chargé de sacs ou de tonneaux de bois pourrit rapidement sous la mer. Mais des cargaisons d'une autre nature ont été conservées : statues de bronze et de marbre à Mahdia, à Anticythère, au cap Artémision, colonnes de marbre à Mahdia et à Saint-Tropez, sarcophages attendant encore la taille de leurs bas-reliefs à San Pietro, près de Tarente, tuiles, barres de fer ou lingots de plomb, de cuivre et d'étain sur plusieurs gisements de Méditerranée occidentale.
Les épaves sont souvent situées à proximité d'un récif, où plusieurs peuvent même s'être superposées, ce qui pose des problèmes de fouille particulièrement difficiles. Mais on en trouve aussi en pleine eau, soit que le bateau ait chaviré, soit qu'après s'être ouvert sur un haut-fond il n'ait pas pu gagner la côte où son équipage cherchait à l'échouer.
L'aspect de l'épave dépend d'abord de la position du bateau quand il arrive au fond : la « belle épave » est en général celle d'un navire qui a coulé sans se retourner, sur un fond plat, sous plus de 15 mètres d'eau. À une profondeur moindre, le mouvement des vagues se fait encore sentir et bouleverse l'ordonnance du matériel. Une fois le naufrage accompli, les mouvements de la mer et les phénomènes biologiques agissent sur l'épave jusqu'à ce qu'un équilibre soit atteint. Selon la nature du sol, la partie inférieure s'envase plus ou moins. Les parois de la coque, dépassant du sable, sont rongées par les tarets et par l'eau. Elles s'effondrent, une partie de la cargaison se répand. Si le sol est en pente, elle peut rouler plus bas. Sinon elle se déverse sur les flancs du bateau. Le monticule fait obstacle au courant, retient la vase, attire la vie mar […]
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