4. Tendance descriptive ou « archéologie du comportement » ?
En un premier temps, qui n'est sans doute pas près de prendre fin, l'archéologie médiévale doit être descriptive. Deux tendances principales se manifestent parmi les chercheurs adonnés à cette discipline. Les uns se bornent à accumuler des matériaux en vue de futures synthèses ; c'est peut-être un excès de la tendance descriptive, mais les inventaires ainsi compilés sont incontestablement précieux. Resterait toutefois à mettre rapidement au point des modes raisonnables de stockage de ces données ; il est, en effet, rigoureusement impossible de les publier toutes ; et même si l'on possédait les ressources financières qui le permettraient, il serait certainement possible d'en faire un meilleur emploi. La première tâche qui s'impose est, en tout cas, de définir des normes en vue de la représentation figurée, de la description et de l'archivage du produit des fouilles. Certes, ce problème se pose aussi dans d'autres secteurs de l'archéologie préhistorique ou historique, mais il semble particulièrement pressant en archéologie médiévale. Faute d'y trouver une solution, on devra se résigner à voir demeurer sous le boisseau, sinon disparaître, une bonne part des données annuellement produites par le labeur des archéologues de terrain.
À cette tendance descriptive et monographique s'oppose, de plus en plus brutalement, un autre courant de pensée, qui se développe surtout aux États-Unis et que l'on nomme « nouvelle archéologie » ou « archéologie du comportement ». Ses expressions les plus outrancières, dissocient totalement l'archéologie de l'histoire ; à vrai dire, cette école, au demeurant peu homogène, s'est d'abord occupée assez exclusivement de préhistoire ; mais, depuis les années 1970, ses expériences portent aussi sur les temps historiques, même les plus récents ; l'archéologie est, pour elle, l'étude des « relations entre les comportements humains et la culture matérielle de tous les temps et de tous les lieux » (Michael B. Schif […]
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