2. Culture et religion
Agriculteurs et éleveurs de lamas, les Araucans, bien que rebelles à l'occupation étrangère, en subirent l'influence au cours des siècles. De nombreux éléments d'origine incaïque au cours des siècles se retrouvent dans leurs techniques, et l'introduction du cheval par les Espagnols bouleversa profondément leur mode de vie, en même temps qu'elle assurait le succès de la guérilla jusqu'au xixe siècle. (C'est pour être, en montant à cheval, plus libres de leurs mouvements qu'ils inventèrent le célèbre poncho.) Les nécessités de la lutte armée ont aussi imposé des regroupements à des populations originellement dispersées le long des rivières. Chaque établissement indigène était autrefois constitué par une grande maison qui abritait plusieurs ménages apparentés en ligne masculine : au moment de son mariage, la femme venait résider dans la maison du père de son mari, où elle cohabitait avec tous ses beaux-frères, leurs épouses et leurs enfants. Depuis la fin du xixe siècle, plusieurs de ces familles étendues, vivant dans une même réserve, constituent des patrilignages. Chaque communauté est une unité exogame liée à de nombreuses autres par les alliances contractées. Jadis, aucun pouvoir central n'unifiait l'ensemble des Mapuche, l'autorité ne dépassant pas le cadre des groupes de parenté. Toutefois, la guerre avait, semble-t-il, favorisé l'émergence de fonctions politiques associées aux fonctions militaires opérant au niveau de régions géographiques déterminées.
Un panthéon nombreux est composé de divinités anthropomorphes, d'un Être suprême et d'esprits des ancêtres qui peuplent le monde surnaturel. La principale intermédiaire entre ce monde et celui des hommes est la machi (chamane), tout à la fois magicienne, guérisseuse, devineresse, qui, grâce à des transes, entre en communication avec les esprits. Douée d'un pouvoir bénéfique, elle a pour tâche de contrecarrer l'action des sorciers, responsables des maux physiques comme des catastrophes sociales. Les alliances matrimoniales, jointes aux congrégations rituelles qui, pour une grande part, les coiffent, assurent l'intégration de la société. Cette description correspond aux connaissances ethnologiques des années soixante. Les événements des années soixante-dix ont modifié l'organisation familiale et sociale des Mapuche, ainsi que leurs systèmes de croyances et leurs rituels, mais les données recueillies depuis 1973 sont insuffisantes pour permettre de caractériser la culture et la société mapuches contemporaines.
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