4. Données économiques
Fréquenté par l'homme depuis le Paléolithique inférieur (Abbevillien des Abruzzes), l'Apennin apparaît comme une montagne refuge à cause de la multiplicité de ses défenses naturelles : gorges, escarpements, neiges d'hiver, forêts. Des loups y sévissaient hier encore. Les Néolithiques y refluèrent sous la pression des « invasions » nordiques. Puis on dut organiser la résistance à toutes les influences politiques ou culturelles de la plaine : les fameux bandits des Abruzzes ou de Calabre n'étaient souvent que des maquisards. Mais le cloisonnement topographique, la variété ethnique, la pauvreté économique empêchèrent l'unité politique. L'Apennin appartint toujours aux gens de la plaine, qui avaient besoin de son eau, de son bois, de ses pâturages. De nos jours, la moitié sud de la chaîne supporte encore les séquelles de la domination napolitaine.
L'économie traditionnelle est celle d'une montagne méditerranéenne classique : céréaliculture extensive, quelques cultures arrosées dans les conques, arboriculture (châtaigniers, amandiers) et surtout élevage du petit bétail, avec montée vers les hauts pâturages en été et descente dans les plaines en hiver, sans oublier la relative importance de la vie forestière. Chose curieuse, la population n'habita jamais très haut, et Castelluccio di Norcia, village le plus élevé de l'Apennin, n'est qu'à 1 453 m : d'où, sans doute, l'abaissement artificiel de la limite de la forêt. Toutefois, on comprend mal que l'habitat soit si mal adapté aux conditions climatiques et aux impératifs de l'élevage. Bien qu'à l'activité rurale se soient ajoutés l'artisanat (battage du cuivre) et quelques industries (alimentation, extraction, papeterie), le niveau de vie des populations apennines est longtemps resté très précaire.
La médiocrité des ressources et la persistance de structures sociales archaïques firent de l'Apennin un important foyer d'émigration. Émigration dans les limites nationales d'abord : il fut un temps, à Rome, où un […]
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