4. Anxiété normale et pathologique
Il n'y a pas de différence de nature mais un continuum entre anxiété normale et anxiété pathologique. On considère une anxiété comme pathologique soit parce qu'elle s'exprime dans un trouble plus large de l'activité mentale (anxiété dépressive ou psychotique par exemple), soit en raison de son intensité.
L'anxiété normale est une réponse émotionnelle d'arrêt et d'éveil devant une situation incongrue. Sa fonction adaptative est évidente. L'anxiété pathologique tient à l'excès de situations anxiogènes (facteurs externes de nature psychologique et sociale) ou à une trop grande facilitation de la réponse (facteurs internes de nature neurobiologique). Il faut également tenir compte de la tolérance à l'expérience anxieuse. Un grand nombre de consommateurs réguliers de benzodiazépines sont moins des sujets exposés exagérément à l'angoisse que des sujets qui ne la tolèrent pas, même sous une forme mineure.
Les rapports entre l'anxiété « naturelle » de nature biologique et l'angoisse métaphysique posent un tout autre problème, au demeurant fort difficile. Deux tendances contradictoires s'observent. La première consiste à contester l'explication purement biologique de l'anxiété naturelle. Il n'y aurait d'anxiété chez l'homme que dans sa position de sujet. La question ontologique de l'angoisse ne saurait alors être exclue de la problématique de l'anxiété humaine. Pour la tendance opposée, résolument réductionniste, c'est de manière métaphorique que le questionnement métaphysique utilise le langage de l'angoisse, sans exclure pour autant que cette expression métaphorique s'inscrive authentiquement dans l'expérience subjective de l'angoisse.
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