Né le 11 mai 1924 à Fowey, en Cornouailles (Grande-Bretagne), Antony Hewish est le fils d'un banquier. Ses études à l'université de Cambridge sont interrompues par la Seconde Guerre mondiale, pendant laquelle il participe à l'effort de développement des radars. En 1948, il rejoint l'équipe de Martin Ryle au laboratoire Cavendish de Cambridge et y soutient sa thèse de doctorat en 1952. Ses premières recherches eurent pour sujet la propagation des rayonnements dans les milieux inhomogènes. Il réalise le premier que la scintillation des astres radioémetteurs peuvent nous renseigner sur les propriétés de l'ionosphère. Il développe la théorie de la diffraction par des écrans modulant la phase des ondes électromagnétiques et met au point des interféromètres radio qui permirent de mesurer les caractéristiques des nuages de plasma formant l'ionosphère et la vitesse des vents balayant cette région. Il démontre également qu'on peut tirer profit de la scintillation interplanétaire pour améliorer notablement le pouvoir de résolution angulaire d'un radio-observatoire.
En 1965, Hewish observe un signal intermittent provenant de la nébuleuse du crabe et suggère qu'il peut s'agir du reste de l'étoile ayant explosé en supernova. Cette même année, il obtient les fonds nécessaires à la construction d'un ensemble de 2 048 antennes permettant une observation détaillée du ciel avec une haute sensibilité aux grandes longueurs d'onde. Avec sa collaboratrice, Jocelyn Bell, il peut, à partir de juillet 1967, accumuler les données observationnelles : la découverte de sources émettant de façon extrêmement régulière des bouffées d'ondes radio constitua une véritable révolution en astrophysique. On comprit plus tard que ces « pulsars » étaient des astres en rotation très rapide ayant pour cœur une étoile à neutrons extrêmement dense. Il partagea pour cette découverte le prix Nobel de physique 1974 avec son ancien collaborateur Martin Ryle.
Après une période de maladie, il prend, en 1977, la direction de la Cambridge Radio Astronomy Group, puis celle du Mullard Radio Astronomy Observatory de 1982 à 1988, avant de prendre sa retraite en 1989.
Bernard PIRE
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