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SALIERI ANTONIO (1750-1825)

Compositeur italien né à Legnato Veneto (près de Vérone) mais ayant passé la quasi-totalité de sa vie à Vienne. Salieri arrive dans la capitale autrichienne en 1766 en compagnie de Florian Gassmann, qui lui enseigne la composition et le contrepoint, et y présente dès 1770 son premier opéra bouffe, Le Donne letterate. Nommé compositeur de la cour et maître de chapelle de l'Opéra italien à la mort de Gassmann (1774), il se forme encore auprès de Gluck : Les Danaïdes (sur un livret de Ranieri Di Calzabigi), exécuté à Paris en 1784 et présenté comme œuvre commune des deux compositeurs, se révèle après coup n'être que du seul Salieri. De retour à Vienne, il est nommé en 1788 maître de chapelle impérial, mais n'exerce plus, après la mort de Joseph II, que les fonctions de chef de la chapelle vocale de la cour (Hofsängerkapelle) et de compositeur d'opéras. Il se pose, à cette époque, en rival de Mozart. Pendant plus d'un quart de siècle encore, il jouera dans la vie musicale viennoise un rôle de premier plan, dirigeant La Création de Haydn lors de la dernière apparition publique de ce dernier (27 mars 1808), ayant pour élèves Beethoven, Schubert et Liszt. En 1816, le cinquantième anniversaire de ses activités dans la ville donne lieu à des fêtes solennelles pour lesquelles le jeune Schubert écrit une cantate. Malade à partir de 1821, il obtient d'être mis à la retraite en 1824 et meurt un an plus tard, non sans s'être expressément défendu, comme on l'en accuse depuis longtemps déjà, d'avoir fait empoisonner Mozart. L'accusation effectivement ne tient pas ; il s'agit bien d'une légende, entretenue d'ailleurs au xixe siècle par une nouvelle de Pouchkine dont Rimski-Korsakov tirera un opéra (Mozart et Salieri, 1898) et, au xxe siècle, par la pièce de Peter Schoffer, Amadeus, qui connaîtra une grande diffusion grâce au film de Miloš Forman (1984). Il reste que beaucoup de témoignages concordent pour présenter Salieri comme un caractère envieux, « critiquant tout ce qui n'est pas... saliérien ». Le musicographe allemand Friedrich Rochlitz (1769-1842) en parle pourtant comme d'un homme aimable et spirituel. Son œuvre, surtout vocale, comprend notamment une vingtaine d'œuvres lyriques relevant des genres opéra bouffe, tragédie lyrique, singspiel, dramma giocoso, etc., et qui font de lui à la fois un héritier de Gluck et un des derniers grands représentants de la tradition napolitaine.

Marc Henri VIGNAL

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Écrit par :  Pierre FRANTZ

Dans le chapitre "L'élégance roturière"  : …  sympathies au début, ne se trouve pas en phase avec les événements. Il écrit, avec le musicien *Salieri, un opéra, Tarare (1787), qui déconcerte mais connaît un vif succès et dont il modifiera certains éléments en fonction des changements politiques. Puis il donne une suite au Mariage, à La Mère coupable, achevant… Lire la suite

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