Né le 11 avril 1910, António Ribero de Spínola a été successivement vice-chef d'état-major des armées sous la dictature et éphémère président de la République en 1974 au lendemain de la révolution des œillets ; sa vie a épousé les soubresauts de l'histoire moderne du Portugal.
António Sebastião Ribeiro de Spínola est militaire dans l'âme. Ses études, son engagement et sa carrière l'ont conduit d'écoles en commandements successifs sur tous les théâtres d'opérations d'un pays appauvri, mais qui possédait encore un vaste empire colonial. Il a vingt-deux ans lorsque António de Oliveira Salazar assume la présidence du Conseil d'un régime qui, en 1926, avait renversé la première République. C'est un poste que Salazar conservera sans interruption jusqu'en 1968. Le pouvoir qu'il installe est autoritaire et s'appuie sur l'armée et les secteurs les plus conservateurs de la société.
Au cours de ces années sévères, António de Spínola monte régulièrement dans l'échelle des honneurs militaires. En 1936, il est observateur en Espagne et suit, du côté franquiste, les étapes de la défaite républicaine. En 1941, on le retrouve, toujours observateur, accompagnant la Wehrmacht lors du siège de Leningrad. En 1945, il est déjà lieutenant-colonel et est envoyé aux Açores au sein du corps expéditionnaire portugais. C'est la première étape d'une carrière coloniale qui le conduira en mars 1961 à servir en Angola, où la guerre d'indépendance vient à peine de commencer. Dès cette période, António de Spínola se rend compte de l'impasse dans laquelle se fourvoie la politique coloniale portugaise. Il expérimente dans ses divers commandements d'autres méthodes d'administration, essayant de donner une place politique aux mouvements nationalistes. En 1968, Spínola devient gouverneur général et commandant en chef de la Guinée-Bissau, où il est en particulier chargé de mater la rébellion indépendantiste du P.A.I.G.C. (Partido africano da independência da Guiné e Cabo Verde). La responsabilité de l'assassinat, […]
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