Réputé le plus grand des artistes brésiliens, Antonio Francisco Lisboa a exercé ses talents dans la province de Minas Gerais, région montagneuse et désertique, soudainement devenue un Eldorado au début du xviiie siècle. L'Église elle-même, comme toutes les autres classes de la société, s'y était laissé gagner par la soif de l'or, et demandait à l'art de célébrer son opulence.
Antonio Francisco Lisboa est un mulâtre, fils naturel d'un charpentier (carpinteiro) et d'une femme de couleur. On le connaît sous le nom de « O Aleijadinho » (le petit estropié). En 1777, alors qu'il est dans la pleine force de l'âge, il est en effet victime d'une maladie qui allait lui ronger les membres et au sujet de laquelle on a avancé les hypothèses les plus diverses, de la lèpre à la syphilis en passant par les maladies endémiques du Minas. Il acquit dans l'atelier paternel des connaissances très larges sur tous les métiers du bâtiment, car Manuel Francisco Lisboa, le Carpinteiro, était aussi architecte. Il les compléta par l'étude de la talha, la sculpture sur bois.
L'Aleijadinho est donc un artiste complet. Il est architecte lui-même et on apprécie […]
