Antonio Martinez de Cala, à l'instar d'autres humanistes, prit comme nom de plume le nom de sa ville natale, qu'il identifia avec la Nebrissa romaine, et signa ses ouvrages, qui comptent parmi les plus importants de l'Europe au tournant du xve siècle, du nom de « Antonio (ou Elio — Aelius — Antonio) de Nebrija ». Antonio fit ses études à Salamanque — il y devint plus tard professeur — et à Bologne. Il adopta la méthode du célèbre humaniste italien Valla (1407-1457), et il s'inspira aussi des anciens grammairiens latins pour rédiger ses Institutiones latinae (1481) ; il les traduisit plus tard en espagnol à la demande d'Isabelle la Catholique, dont il rédigea les res gestae. Suivit le Vocabulario latino-español (1492) et, la même année, la Gramática castellana, première grammaire d'une langue moderne. Les Espagnols accordent autant d'importance à cet événement culturel qu'aux deux autres qui marquent cette année : la découverte du Nouveau Monde et la prise de Grenade (c'est-à-dire l'unification de l'Espagne moderne). Outre ses Reglas de ortografía castellana (1517), d'assez nombreuses Repetitiones sur différents points d'érudition et d'histoire ancienne, des éditions d'écrivains latins, des poésies latines originales ainsi que sa tâche de cronista real (historien officiel du royaume) complètent sa production. Appelé par le cardinal Jimenez à la nouvelle université d'Alcalá que ce prélat avait fondée, Nebrija travailla aussi à l'édition monumentale de la Bible dite Políglota Complutense, véritable trésor du savoir scripturaire de l'époque.
Daniel DEVOTO
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