3. La période italienne (1622-1627)
Le premier séjour anglais de Van Dyck fut trop court pour marquer une étape du développement stylistique de l'artiste. Tout au plus peut-on y situer quelques rares œuvres comme le portrait du comte Arundel, ce diplomate et amateur d'art si lié avec Rubens et qu'il reverra en Italie (coll. Guggenheim à Washington) et probablement aussi la Continence de Scipion dans les collections de Christ Church à Oxford.
En Italie, Van Dyck se livre d'abord à une frénétique activité de touriste et de copiste dont témoignent l'album de Chastworth et maints autres dessins, le plus souvent à la plume, très nerveux et désinvoltes, qui gardent le souvenir de sculptures antiques ou de peintures de la grande Renaissance italienne, Corrège, Titien et Raphaël surtout, mais point Michel-Ange si étudié au contraire par Rubens.
Sous l'influence renforcée des Vénitiens et de Titien surtout, le Flamand s'installe peu à peu dans sa manière frémissante et comme sentimentale de la maturité avec de rares et convaincantes suavités dans l'usage des couleurs. Au contact de l'Italie, Van Dyck ne recherche nullement les exemples de facture brutale et libre – celle d'un Tintoret par exemple – mais se réfère à des modèles et à une esthétique apaisés qui apparemment contrediraient sa première manière emportée, si la recherche personnelle et originale n'était le vrai fondement des démarches et des expériences parfois contradictoires mais toujours passionnées de Van Dyck : ainsi, en dessin, le voit-on fréquemment tâtonner entre plusieurs solutions qu'il esquisse avec le même emportement rageur qui donne à son graphisme une surprenante « sauvagerie ».
Parmi les tableaux sûrement peints en Italie – entre 1621 et 1627 – se rangent d'abord et à l'évidence les quelques toiles encore en place dans des églises ou des palais de la Péninsule, tels le poignant Christ en croix du Palais royal de Gênes, le Denier de César du Palazzo Bianco de la même ville (avec un Jésus-Christ très titianesque), un autre
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