À travers les portraits que les historiens en tracent, Marc Antoine apparaît comme une sorte de force de la nature, doué d'une bravoure impétueuse, d'une vigueur physique redoutable, aimant les ripailles et les femmes, les plaisanteries grossières et la familiarité. Au sein d'une Rome profondément troublée par les luttes civiles et par une crise de confiance envers le régime républicain, un homme tel que lui ne peut que séduire. César, fin psychologue, le comprend, qui se l'attache comme questeur en Gaule en ~ 53. Marc Antoine, toujours prêt à prendre de téméraires résolutions, n'est sans doute pas totalement étranger à la décision de César de franchir le Rubicon. Après avoir reçu le gouvernement de l'Italie, Marc Antoine élimine les partisans de Pompée à Pharsale en ~ 48. Maître de cavalerie, premier lieutenant de César, il se comporte à Rome comme un véritable dictateur en second et il est récompensé de ses services par le consulat en ~ 44, l'année même de la mort de César. Aux ides de mars, il sait apparaître comme le légataire universel de la pensée politique du dictateur défunt et, devant le bûcher funéraire, il tient un discours qui appelle à la vengeance, en même temps qu […]
