« L'une des grandes figures de la France monarchique », selon R. Mousnier. Antoine Duprat a eu une rare et double carrière, laïque d'abord, ecclésiastique par la suite. Son ascension sociale est très rapide : à trente-trois ans, on le trouve lieutenant général du bailliage de Montferrand, puis, cinq années plus tard, en 1495, avocat général au parlement de Toulouse. Maître des requêtes en 1503, il est premier président du parlement de Paris en 1508 et, enfin, chancelier en 1515. Ayant atteint le faîte des honneurs et apparaissant après une carrière parlementaire rapide comme l'instrument du jeune roi François Ier, son veuvage en 1516 le détermine à entrer dans les ordres tout en restant chancelier. Il devient archevêque de Sens en 1525, cardinal en 1527, tout en étant légat du pape. Placé aux postes de commande de l'Église et de l'État, il est un des grands cardinaux ministres qui ont fait la monarchie absolue française. Tout dénonce son ambition, son manque presque absolu de scrupules, son désir d'amasser vite une grosse fortune dont témoignent encore les quelques restes du son tombeau de Sens (trois bas-reliefs que l'on attribue tantôt au Primatice, tantôt à Germain […]
