La courte carrière du sculpteur français Antoine Denis Chaudet, qui ne couvrit qu'une vingtaine d'années, suffit à faire de lui le sculpteur le plus marquant de la période napoléonienne.
Ses débuts furent aisés : il obtint le prix de Rome en 1784, passa quatre années en Italie, puis revint en France en 1789. Très tôt remarqué par les milieux artistiques de l'Empire, il reçut des commandes prestigieuses : le fronton du Corps législatif, la statue de Napoléon qui surmonta la colonne Vendôme jusqu'en 1814. Son œuvre conservée ne comporte qu'un petit nombre de pièces qui sont dispersées. Mais un de ses premiers reliefs, Le Dévouement à la Patrie, décore encore le péristyle du Panthéon, et constitue l'un des rares vestiges de la sculpture monumentale des années révolutionnaires. Plus tard, les thèmes de ses statues sont empruntés au répertoire des sujets antiquisants déjà à la mode sous la Révolution et sous l'Empire, avec une préférence pour les sujets élégiaques. Chaudet les conçoit avec la lisibilité propre au néo-classicisme et les exécute dans un style poli et précieux, Cyparisse pleurant un jeune cerf (marbre, musée de l'Ermitage), Œdipe enfant rappe […]
