3. Le droit hittite
Population d'origine indo-européenne, les Hittites ont occupé la région centrale de l'Asie Mineure au cours du IIe millénaire, et l'époque de la plus grande puissance de la royauté hittite se situe entre le milieu du xive siècle et le début du xiie siècle. L'archéologue Winckler a retrouvé dans les ruines de la capitale hittite, Hattusas (près de l'actuel village de Boghaz Köi, à l'est d'Ankara), des fragments correspondant à deux tables de textes législatifs, que l'on désigne traditionnellement sous le nom de « code hittite ». En réalité, il s'agit d'un ensemble composite de dispositions juridiques de nature et d'époque différentes. Leur but n'était pas de donner un recueil complet des règles de droit, mais de préciser les points contestés ou d'introduire des innovations. Pour cela, il semble que le rédacteur des tables ait puisé dans la tradition coutumière, la législation royale, les décisions judiciaires. Les multiples copies faites de ce texte prouvent l'autorité dont il jouissait. Mais le « code hittite » ne semble pas avoir fait l'objet d'une promulgation officielle. Il s'agit probablement d'une œuvre de scribes juristes. Sa date reste discutée : on la situe au xive ou au xiiie siècle avant notre ère.
Ce code fournit de précieuses indications sur le droit hittite. Mais on n'a retrouvé aucun document de la pratique qui complète notre information sur la « vie » du droit. C'est une infériorité grave par rapport à notre connaissance du droit babylonien.
• Structure sociale
Comme à Babylone, la société repose sur un principe d'inégalité des conditions juridiques. La politique de conquête menée par plusieurs rois hittites confère à l'armée une place de choix. Des seigneurs, demeurant auprès du roi ou en province, fournissent des contingents militaires qu'ils équipent à leurs frais, mais reçoivent en retour une part du butin. D'autres troupes, prises dans la classe moyenne, sont rémunérées par une concession de terre royale, qu'elles exploitent contre une redevance. La terre reste en principe au roi, mais la conce […]
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