Type du « vieux serviteur fidèle », Antipatros fut sans doute celui sans qui la Macédoine n'aurait jamais accédé au rang de grande puissance, puis d'empire.
Né vers 400 avant J.-C., il fut en effet l'alter ego de Philippe II qui appréciait en lui peut-être moins le chef militaire que l'homme d'État. Ami d'Aristote, auteur d'une histoire, perdue, des guerres d'Illyrie et d'une vaste correspondance, Antipatros tranche par son sérieux et son savoir sur le reste de l'entourage royal. On peut dire qu'il fut un philosophe en action, dans la mesure où sa politique à l'égard des Grecs dénote l'influence des théoriciens de l'Académie et du Lycée.
On ne sait presque rien de son activité durant cette première période de sa vie. Sa participation aux négociations de paix avec les Athéniens (346 av. J.-C.) et sa désignation à la tête de l'ambassade chargée de leur remettre, après Chéronée (338 av. J.-C.), les cendres de leurs morts ne laissent toutefois aucun doute sur le rôle de premier plan qu'il jouait désormais, d'autant qu'il avait consolidé sa position en mariant l'une de ses filles à l'héritier de la maison princière de Lyncestide, en haute Macédoine. Tuteur du jeune Alexan […]
