4. L'industrie des antibiotiques
L'immense intérêt thérapeutique des antibiotiques a rapidement nécessité la mise au point de techniques industrielles de production ; de fait, la consommation mondiale des antibiotiques s'évalue en milliers de tonnes ; on a dû mettre au point des techniques industrielles de fabrication pour satisfaire une telle demande.
Au début, la fabrication des antibiotiques utilisait des méthodes artisanales qui consistaient à cultiver les germes producteurs sur des milieux liquides dans des fioles de Roux. Le coût de telles productions était évidemment considérable du fait de la manutention compliquée mise en jeu. Par la suite, et rapidement, la culture des souches productrices dans des fermenteurs industriels s'est perfectionnée et, à l'heure actuelle, une unité productrice d'antibiotiques, de même que toute autre fermentation industrielle, est un ensemble impressionnant de fermenteurs de 50 à 200 mètres cubes, occupant des hauteurs de deux ou trois étages. L'alimentation par des substances nutritives, l'introduction d'air stérile, la régulation thermique, le contrôle du pH se font de façon entièrement automatique. À la fin du cycle de fermentation, l'antibiotique produit doit être extrait du milieu de culture par des opérations industrielles également automatisées : filtration, extraction par adsorption sur des résines échangeuses d'ions, extraction par des solvants.
Compte tenu des impératifs que doit présenter un produit naturel antimicrobien pour acquérir une place importante dans la thérapeutique : large spectre, absence d'effets secondaires, production rentable, donc prix de revient raisonnable, un petit nombre seulement d'antibiotiques se maintiennent à un niveau élevé de consommation et de performances et sont dits de ce fait antibiotiques majeurs. Sur une cinquantaine d'antibiotiques utilisés à l'échelle internationale, une dizaine de familles se dégagent nettement ; ce sont, par ordre alphabétique : aminoglycosides, bacitracine, céphalosporines, […]
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