Pathologiste à l'hôpital St. Mary de Londres, Alexander Fleming (1881-1955) étudiait les bactéries responsables, pensait-on, de l'épidémie de grippe espagnole qui fit vingt millions de morts en 1918. Cultivant ces bactéries pathogènes en boîtes de Pétri (plates, contenant des milieux de culture solidifiés), il constata en 1921 qu'une goutte de mucus nasal empêchait le développement des bactéries autour d'elle. Le mucus contient en effet une enzyme qui détruit les parois bactériennes. En septembre 1928, la même auréole d'inhibition de croissance fut observée par Fleming autour d'une spore de Penicillium : le chercheur suspecta cette moisissure de sécréter un bactéricide puissant : la pénicilline. Ce premier antibiotique fut isolé chimiquement en 1939 par Ernest B. Chain et Howard W. Florey, à Oxford. De 1940 à 1945, les essais thérapeutiques sur l'homme donnèrent des résultats miraculeux. Les premiers utilisateurs du médicament furent les armées alliées. La pénicilline s'oppose à l'infection des blessures en empêchant la prolifération des bactéries Gram+. Après la guerre, elle devait trouver de nombreuses applications thérapeutiques, notamment dans le traitement de la sy […]
