Une question d'éducation. N'est-il pas révélateur que le premier ouvrage du cycle romanesque auquel Anthony Powell doit l'essentiel de sa célébrité, La Danse de la vie humaine (1951-1972) porte ce titre ? Le livre évoque la jeunesse et l'éducation du narrateur, Nicholas Jenkins, à Eton et Oxford. Né à Londres, Anthony Powell avait fréquenté ces mêmes établissements dans l'entre-deux-guerres, y faisant la connaissance, entre autres, de Cyril Connolly, Evelyn Waugh et Henry Green. Conscient d'être le représentant le moins remarquable d'une génération exceptionnellement douée, il cultivait déjà l'effacement et le snobisme, élevant ce dernier au rang d'art majeur.
Au sortir de l'université, Anthony Powell travaille dix ans chez un éditeur londonien, avant de donner sa démission. Après un bref séjour en Amérique du Nord, période au cours de laquelle il est employé pendant six mois par Hollywood, il choisit à son tour la carrière des lettres. Il décrit alors de l'intérieur la bohème londonienne (Afternoon Men, 1931), à la manière des romans spirituels et caustiques de son ami Evelyn Waugh. Suivront Venusberg (1932), Agents and Patients […]
