Né le 26 mars 1938 à Londres (Royaume-Uni), le physicien théoricien Anthony J. Leggett a largement contribué à la compréhension moderne des phénomènes de superfluidité de certains matériaux à très basse température. Après des études à l'université d'Oxford où il soutient sa thèse en 1964, il partage ses premières années de recherches entre Oxford et l'université de l'Illinois. Il enseigne ensuite à l'université du Sussex de 1967 à 1983 puis est nommé professeur à l'université de l'Illinois à Urbana-Champaign. Il prend alors la double nationalité britannique et américaine.
L'état superfluide – c'est-à-dire sans viscosité – de l'hélium sous sa forme habituelle (l'isotope 4He) à très basse température est compris, depuis sa découverte en 1938 par Piotr Kapitsa, comme dû au fait que ses atomes sont des bosons aptes à se « condenser » dans un même état quantique. En 1965, Leggett montre que l'isotope 3He de l'hélium doit aussi posséder une phase superfluide, et cela bien que ses atomes soient des fermions, grâce à un processus d'appariement semblable à celui qui avait été invoqué en 1957 par John Bardeen, Leon Cooper et John Schrieffer pour décrire l'état supraconducteur des so […]
