L'œuvre du sculpteur britannique Anthony Caro (né en 1924 à New Malden, Surrey) s'inscrit parmi les recherches formelles suscitées par la pratique de la soudure du métal. Cette technique, qui doit tant à Gonzalez et à Picasso, lui permet d'assembler, sans esquisse ou maquette préalable, des éléments industriels (poutres, solives, tuyaux, plaques et treillages découpés). Selon le critique américain Clement Greenberg, Caro met ainsi « l'accent sur le caractère abstrait de la sculpture, sur sa dissemblance radicale d'avec les formes naturelles ».
Au moment où Anthony Caro termine ses études (à la Royal Academy de Londres), la scène artistique est, en Grande-Bretagne, dominée par Henry Moore, premier sculpteur britannique à avoir gagné une réputation internationale après la Seconde Guerre mondiale. Pour Caro, qui devient en 1951 son assistant, il constitue un modèle qu'on ne peut ignorer.
Les premières œuvres de Caro s'établissent dans la tradition du bronze figuratif. Elles explorent les possibilités et les limites de l'expression du corps en privilégiant les positions de tension, comme éprouvées de l'intérieur, sans respect pour les proportions (Man Holding his Foo […]
