L'œuvre du sculpteur britannique Anthony Caro (né en 1924 à New Malden, Surrey) s'inscrit parmi les recherches formelles suscitées par la pratique de la soudure du métal. Cette technique, qui doit tant à Gonzalez et à Picasso, lui permet d'assembler, sans esquisse ou maquette préalable, des éléments industriels (poutres, solives, tuyaux, plaques et treillages découpés). Selon le critique américain Clement Greenberg, Caro met ainsi « l'accent sur le caractère abstrait de la sculpture, sur sa dissemblance radicale d'avec les formes naturelles ».
Au moment où Anthony Caro termine ses études (à la Royal Academy de Londres), la scène artistique est, en Grande-Bretagne, dominée par Henry Moore, premier sculpteur britannique à avoir gagné une réputation internationale après la Seconde Guerre mondiale. Pour Caro, qui devient en 1951 son assistant, il constitue un modèle qu'on ne peut ignorer.
Les premières œuvres de Caro s'établissent dans la tradition du bronze figuratif. Elles explorent les possibilités et les limites de l'expression du corps en privilégiant les positions de tension, comme éprouvées de l'intérieur, sans respect pour les proportions (Man Holding his Foot, 1954, coll. de l'artiste ; Man Taking off his Shirt, 1955-1956, coll. part., Londres). C'est en 1960 que Caro cesse de faire référence à la figure humaine, à partir de sa rencontre avec le sculpteur américain David Smith. Il apprend alors la soudure et commence à assembler des formes géométriques de métal.
À l'opposé, cependant, de l'approche verticale, totémique, engagée par Smith, Anthony Caro entreprend de construire ses œuvres à partir d'éléments horizontaux sur lesquels sont soudés, à intervalles espacés, des parties elles aussi métalliques. Structures ouvertes, dépourvues de tout centre, ces sculptures exigent du spectateur une déambulation, un parcours. La couleur, apposée uniformément sur la sculpture, renforce la cohésion matérielle des éléments dispersés et accentue la qualité purement visuelle de leur composition.
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