Cet homme, dont le nom est célèbre, n'est en fait connu que pour une œuvre publiée à la fin de sa vie, La Physiologie du goût, dont il vaut la peine de connaître le second titre dans tout son développement : Méditations de gastronomie transcendante, ouvrage théorique, historique et à l'ordre du jour, dédié aux gastronomes parisiens... C'est dire que l'auteur s'est donné pour tâche de célébrer l'art culinaire en lui accordant la plus haute dignité. Il écrit dans la préface de son ouvrage : « En considérant le plaisir de la table sous tous ses rapports, j'ai vu [...] qu'il y avait beaucoup à dire sur des fonctions si essentielles, si continues et qui influent d'une manière si décisive sur la santé, sur le bonheur et même sur les affaires. » Cette œuvre conçue comme une occupation amusante, réservée pour la vieillesse, fut élaborée à petits coups, lentement, et à des heures choisies, au cours d'une brillante carrière de magistrat qui ne fut guère interrompue que par un exil de trois ans (1793-1796) sous la Révolution. L'auteur était né à Belley, d'une famille vouée aux professions judiciaires, et fit carrière dans la justice, à la Cour de cassation, pendant vingt- […]
