Grand guerrier et poète arabe préislamique. On lui attribue une cinquantaine de pièces, dont une mu‘allaqā, poème qui aurait été exposé à la Ka‘ba, la Pierre noire de La Mecque. Néanmoins, une grande partie de cette œuvre est apocryphe. Dans ces poèmes, ‘ Antara exalte ses faits d'armes et exprime son amour pour sa cousine ‘Abla. Ces poésies et surtout la personnalité même de ‘ Antara n'ont cessé de fasciner les Arabes et ont inspiré aux rhapsodes une œuvre collective, Le Roman d'Antar (Sirat ‘Antar), dont le texte a été recensé par le philologue Asma‘ī (740-828 de l'hégire). ‘Antara incarne, en effet, le mythe du héros, et même du héros solaire. Comme dans la plupart des gestes, ‘Antara est de sang royal, mais son origine noble ne se révélera que lorsqu'il se sera imposé par ses mérites exceptionnels. Pendant son enfance et une partie de sa jeunesse, il doit mener une vie obscure, bien différente de celle à laquelle sa naissance eût dû le faire accéder. Fils d'une esclave abyssine et d'un Arabe, il est considéré comme un bâtard et condamné à l'esclavage. Il doit garder les moutons de la tribu. C'est la période de la vie cachée, de la mort apparente. Mais des évé […]
