5. Paléontologie
Le plus ancien anoure connu, Triadobatrachus, fut découvert dans le Trias inférieur de Madagascar (— 220 Ma). Il possède encore des vertèbres caudales et ses os de l'avant-bras (radius-cubitus) et de la jambe (tibia-péroné) sont encore séparés. Enfin, bien que son bassin montre déjà les modifications typiques des Anoures, le tarse est encore court, indiquant que l'adaptation au saut n'était qu'ébauchée. Triadobatrachus est clairement le plus primitif de tous les Anoures actuels et fossiles connus.
L'adaptation au saut semble avoir atteint son stade définitif chez Prosalirus découvert dans des terrains du Jurassique inférieur d'Amérique du Nord.
Dès le Jurassique moyen, on connaît des Discoglossidés typiques, comme Eodiscoglossus (Espagne), pratiquement identique au Discoglossus actuel. À partir du Crétacé, on connaît des représentants de bon nombre de familles actuelles.
Le groupe le plus étroitement apparenté aux Anoures est celui des Urodèles, avec lequel ils partagent plusieurs spécialisations (operculum, pigment rétinien vert, mode de formation endodermique des choanes), et il est probable que les Anoures ont évolué à partir d'un ancêtre commun aux deux groupes, qui devait avoir à peu près l'allure d'une salamandre. La réduction de la queue a dû être consécutive à l'acquisition d'un mode de vie plus terrestre mais aussi plus actif (adaptation au saut).
Quant à l'origine de l'ensemble Anoures + Urodèles, appelé Batrachia, quelques spécialistes l'enracinent, avec les Gymnophiones, au sein des amphibiens Lépospondyles, tandis que la majorité les rattache aux Temnospondyles [cf. amphibiens].
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