Née le 9 septembre 1926, dans une famille juive alsacienne réfugiée dans la capitale depuis 1870, Annie Kriegel, née Becker, échappe, le soir même de son succès au baccalauréat, à la rafle du Vél' d'Hiv', le 16 juillet 1942. En dépit des risques encourus, elle passe avec sa famille en zone sud, se retrouve à Grenoble et entre dans la Résistance, se rattachant au premier groupe rencontré : la M.O.I., organisation communiste des militants étrangers (en particulier juifs d'Europe de l'Est) qui, dès 1943, mène la guérilla urbaine contre l'occupant allemand. Elle connaît alors une expérience à la fois exaltante et tragique – la plupart de ses camarades seront fusillés – qui va commander son engagement communiste pendant plus d'une décennie.
Femme d'action, femme engagée, Annie Kriegel devient responsable puis, en 1951, permanente communiste. Chargée, pour le département de la Seine, des intellectuels, elle regroupe sous sa houlette la fine fleur des futurs universitaires qui s'engagent en communisme (Maurice Agulhon, Alain Besançon, François Furet, Emmanuel Le Roy Ladurie, Michel Verret...). Elle dirige La Nouvelle Critique, la revue idéologique du P.C.F. à destination […]
