« Le protecteur des arts et le fléau des artistes » : c'est en ces termes sévères que Grimm définit la personnalité du comte de Caylus. Plus indulgente, la postérité a retenu surtout l'image du grand collectionneur d'antiques et de l'ardent propagandiste du retour à un goût sévère.
Né dans une famille de noblesse de cour, le comte de Caylus commença par se consacrer quelques années au métier des armes. Il y prit le goût des voyages et, ayant abandonné la carrière militaire en 1716, en entreprit même de fort lointains puisqu'il alla en 1716-1717 jusqu'en Asie Mineure. Il est donc l'un des premiers amateurs à avoir connu les vestiges de l'Antiquité grecque. Menant à Paris la vie oisive du grand gentilhomme qu'il était, il se lia avec Crozat, avec Mariette et tout un milieu d'artistes et de connaisseurs. Lui-même gravait et fut en 1731 reçu à l'Académie de peinture et de sculpture comme membre honoraire amateur, avant d'entrer en 1742 à l'Académie des inscriptions.
Collectionneur passionné, il se distingue, dans cette première moitié du xviiie siècle, par les objets dont il compose son cabinet : antiquités grecques, romaines, mais aussi étrusques et […]
