Héritière de l'ancienne Hippo Regius, d'El Bouna Elhaditha et de Bône, Annaba, dont les 40 000 Européens représentaient 40 % des habitants en 1962, a dû son développement au cours de la période coloniale à un port spécialisé dans l'exportation de fer et de phosphates — respectivement 2,2 millions de tonnes et 650 000 tonnes en 1954 —, drainés par rail du Sud-Est algérien, ainsi que des vins et des agrumes de ses plaines sublittorales.
Adossée au lourd massif de l'Edough, à l'ouest d'une vaste baie à l'abri des vents du nord-ouest, Annaba étend de vastes zones industrielles et de grands ensembles vers le sud et le sud-est. Au recensement de 1987, elle constituait (El Bouni compris) la quatrième ville algérienne, avec une population de 305 000 habitants, portée en 1994 à près de 480 000.
Annaba est, avec El Hadjar (39 500 habitants y compris Sidi Amar), un des principaux pôles industriels algériens, comportant une trentaine d'unités et de complexes publics et 27 000 salariés face à une industrie privée demeurée bien médiocre. Sa réalisation d'abord, son fonctionnement ensuite ne vont pas sans conflit avec une agriculture de plaine favorisée par de bonnes cond […]
