3. L'anglicanisme et le mouvement œcuménique
La conférence de Lambeth de 1920 a lancé aux autres confessions chrétiennes un « Appel en faveur de l'unité ». Affirmant leur double parenté catholique et protestante, les évêques anglicans réunis présentaient la communion anglicane comme un pont entre les Églises traditionnelles et les confessions issues de la Réforme. Depuis le début du mouvement œcuménique, l'anglicanisme s'est reconnu ainsi une vocation « unionique » particulière. Il a formulé ses principes d'union dans la formule dite Quadrilatère de Lambeth. Celui-ci affirme la communion anglicane fondée : 1. sur l'Écriture sainte, comme contenant tout ce qui est nécessaire au salut ; 2. sur les sacrements du baptême et de l'eucharistie ; 3. sur les deux symboles de foi des apôtres et de Nicée-Constantinople ; 4. sur l'épiscopat historique.
Cette formule de 1888, déclarée « inaltérable » en 1920, demeure en vigueur, bien que, à la suite d'hésitations sur la portée doctrinale du quatrième point, le quadrilatère ne soit plus très équilatéral. Les Églises anglicanes ont joué un rôle important dans le mouvement œcuménique en recherchant l'union avec des Églises non anglicanes. Certaines tentatives ont abouti (Église de l'Inde du Sud, etc.). D'autres sont en cours. Dans la constitution de ces unités nouvelles, le caractère proprement anglican tend souvent à s'effacer, et des voix autorisées ont pu dire que la communion anglicane « était appelée à disparaître dans sa spécificité anglicane pour le bien de l'unité » (IIe congrès pananglican, Toronto, 1963).
Se prévalant d'une attitude qui remonte au xvie siècle, l'Église anglicane a toujours été soucieuse d'entretenir des liens avec les Églises d'Orient. Peu après la rupture avec Rome, George Abbott, archevêque de Canterbury (1611-1633), avait déjà été en correspondance avec Cyrille Lukaris, patriarche d'Alexandrie puis de Constantinople. Après un temps d'ignorance réciproque, les relations de l'anglicanisme avec l'orthodoxie furent établies au […]
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