6. Renaissance hellénique et néo-gothique : les « revivals » victoriens
Reprenant certaines analyses de ce que l'on appelle l'historicisme ou l'éclectisme, N. Pevsner a écrit qu'« en Angleterre au début du xixe siècle, le bal travesti de l'architecture battait son plein ». Mais prendre ainsi position sur l'ensemble de la production d'une époque, n'est-ce pas substituer à l'analyse historique un jugement de valeur a priori reposant à la fois sur un idéal évolutionniste, alors anachronique, et sur une vision progressiste qui place son but ultime dans une modernité mal définie ? Le néo-classicisme avait vu dans les formes classiques léguées par l'Antiquité un répertoire architectonique idéal, chargé d'une forte évidence rationnelle. Ainsi le concept d'imitation tel qu'il avait été formulé au xviiie siècle sous-entendait-il en fait une véritable re-création à partir de modèles presque intemporels. Or face aux nouvelles tendances historiques, nostalgiques ou nationalistes, ainsi qu'à un approfondissement qui se veut « scientifique » de l'archéologie, le néo-classicisme va se cristalliser en greek revival, en renaissance hellénique. Si des architectes comme James Stuart, dit « l'Athénien », et Nicholas Revett avaient, dès 1762, dans leur publication des Antiquities of Athens, manifesté la volonté d'une plus grande rigueur archéologique, si H. Holland ou G. Dance avaient fait preuve d'une certaine rigueur philologique dans la mise en œuvre du « dorique sans base » (inspiré de Paestum), qui devient alors le leitmotiv de la phase la plus sévère du néo-classicisme, il faut attendre le début du xixe siècle pour que se formulent ces tendances en un radicalisme antique. C'est en 1804 que Thomas Hope, dans un pamphlet publié contre le projet de James Wyatt pour le Downing College de Cambridge, entérine ce glissement vers un archéologisme intransigeant, sinon dogmatique. Hope, riche amateur et collectionneur d'antiquités, se fait le champion des ordres grecs, en dehors de toute autre […]
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