5. Néo-classicisme et mouvement pittoresque : le syncrétisme comme langage (1750-1820)
On considère parfois que le palladianisme fait partie intégrante du néo-classicisme et bien des traits palladiens se retrouveront dans des œuvres de la fin du xviiie siècle ou même du xixe. Mais on a vu que l'éclairage historico-politique permettait de le circonscrire assez nettement. Le milieu du xviiie siècle voit se concrétiser en Angleterre un phénomène qui ira en s'accentuant pendant toute la période georgienne (George Ier, 1714-1727, George II, 1727-1760, George III, 1760-1820), phénomène que l'on peut analyser comme une sorte de syncrétisme expressif que l'on a un peu vite confondu avec l'éclectisme. Cette tendance se caractérise par un foisonnement de courants formels et stylistiques qui reflète bien le cosmopolitisme culturel et la « curiosité » des Lumières ; elle révèle en même temps l'extraordinaire « disponibilité » dont font preuve alors les architectes anglais. Ainsi voisinent le classicisme d'inspiration antique, le renouveau gothique, l'irrégularité pittoresque, l'exotisme et le vernaculaire. Cet état de fait empêche toute classification hâtive, toute réduction didactique. Ainsi voit-on Robert Adam passer de la célébration d'une antiquité aimable au médiévalisme le plus fervent, ou Nash jongler de façon ébouriffante avec tous les registres. Parfois, un même monument fait l'objet de plusieurs variantes, l'architecte s'employant à habiller une structure identique de langages différents. N. Pevsner range cette diversité, parfois déconcertante, sous la bannière du romantisme, arguant de ce goût de l'émotion, de cette volonté d'imagination qui lui semblent être les symptômes d'un antagonisme au présent et au passé immédiat. Or bien des composantes néo-classiques, qu'il s'agisse du mouvement pittoresque, de la quête d'une rationalité architecturale, de la mise au point de formules urbanistiques modernes ou même d'une certaine dimension utopique, prouvent que le recours à des vocab […]
… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 12 pages…



