4. L'évolution des fouilles archéologiques
À Angkor, et au Cambodge en général, la recherche proprement archéologique est demeurée pendant longtemps à un niveau assez élémentaire. Ce n'est pas qu'elle ait été volontairement négligée. Mais l'abondance des vestiges en surface, en particulier des temples qui nécessitaient des travaux d'entretien et de restauration souvent urgents, a fait que les ouvriers n'étant pas nombreux et en parant au plus pressé, seuls les monuments ont été dégagés et des fouilles de surface effectuées.
Après la guerre du Vietnam, que suivirent la triste période des Khmers rouges, l'occupation vietnamienne, le calme revint au début des années 1990. Un vaste programme international de restauration du site d'Angkor et de ses monuments a vu alors le jour, scellé par les accords dits de Tōkyō. Un comité de coordination des actions pour Angkor a été mis en place, co-présidé par les ambassadeurs de France et du Japon, dont le secrétariat est assuré par l'U.N.E.S.C.O. Des équipes venues d'Allemagne, de Chine, des États-Unis, de France, de Hongrie, d'Inde, d'Indonésie, d'Italie, du Japon et de Thaïlande se sont mises à l'ouvrage, joignant à la restauration des monuments des recherches techniques avancées portant sur leur stabilité, les maladies du grès, etc.
En outre, des équipes archéologiques, venues essentiellement de France, ont ouverts des chantiers. Les résultats de ces recherches sont d'ores et déjà considérables, à tous les niveaux de l'histoire.
L'histoire khmère a depuis plus d'un siècle été divisée en trois grandes parties, centrées sur Angkor, à savoir les périodes pré-angkorienne (jusqu'au début du ixe s.), angkorienne (du début du ixe à la fin du xiiie s.) et post-angkorienne. C'est dire que l'on ne s'intéressait guère à l'histoire d'Angkor avant le ixe siècle. Les fouilles entreprises par Bernard-Philippe Groslier dans les années 1960 avaient pourtant déjà révélé qu'Angkor recelait quelques traces de sites néolithiques.
Les recherches de Christop […]
… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 7 pages…



