À nos héros, ballet de 1986, résume déjà la vie et l'œuvre de son créateur, Angelin Preljocaj, qui, alors, n'a pas trente ans. Des lignes acérées, une rigueur énergique dans le mouvement qui subjugue, et un thème – la statuaire des monuments aux morts – qui engage une critique virulente du totalitarisme et renvoie à ses origines. Pour Preljocaj, né en 1957 de parents albanais immigrés en région parisienne, la danse sera d'abord un combat quotidien, non seulement pour la pratiquer – à une époque où le métier n'allait pas de soi pour un homme –, mais aussi pour choisir résolument le contemporain et monter une compagnie digne de ce nom qui emploie aujourd'hui quelque vingt-cinq danseurs.
Son parcours est celui de toute la première génération de chorégraphes français contemporains avec quelques particularismes, comme celui de débuter par la danse classique tout en pratiquant les arts martiaux. Ces derniers lui donneront cette « patte » inimitable faisant de chacune de ses œuvres une sorte de concentré d'histoire de la danse qui n'exclut aucun style. En 1974, il découvre la danse contemporaine à la Schola Cantorum de Paris, grâce à Karin Waehner qui est alors l'une des […]
