L'un des plus importants chefs travaillistes britanniques entre 1930 et 1960, Aneurin Bevan fut l'un des plus fermes avocats d'une véritable socialisation de la Grande-Bretagne. Fils de mineur, il doit lui-même abandonner la mine, à cause d'une maladie des yeux. Adversaire virulent de la prudence pragmatique d'un Ramsay MacDonald, il est un temps abusé par les idées d'Oswald Mosley, avec lequel il rompt dès 1931, lorsqu'il prend conscience de l'évolution vers le fascisme de son ancien camarade de parti. Partisan d'une radicalisation du programme du Labour Party après la défaite électorale de 1931, il fait alors figure d'un chef de file de l'aile gauche. En 1938, violemment hostile aux dictatures, il se fait, comme Stafford Cripps, l'apôtre d'un « front populaire » et s'oppose aux menaces de militarisme qu'il croit distinguer dans le programme de réarmement de Chamberlain après Munich, et surtout dans l'établissement de la conscription en temps de paix, ce qui cause, durant un temps, son expulsion du parti. La volonté de Clement Attlee de transformer profondément toutes les structures internes le séduit, et ses capacités lui valent d'être appelé en juillet 1945 au ministère de la […]
