3. Le peintre
À la fin du xvie siècle, l'art de la quadratura, ou mise en perspective des images peintes sur les surfaces courbes des voûtes, s'élabore dans les écoles bolonaise et milanaise. Les artistes baroques utiliseront cette technique pour peupler les grands salons des palais et les nefs des églises de figures volant dans le paradis ou l'Olympe, et qui donnent au spectateur l'impression que le monument ouvre sur le ciel ou l'empyrée. On ignore absolument où Andrea Pozzo avait appris cet art difficile qui consiste à peindre, sur des surfaces verticales, horizontales ou le plus souvent courbes, des figurations qui, grâce à des diminutions ou à des augmentations, paraissent normales à un spectateur situé en un point donné. Dans son traité, Pozzo a livré tous les secrets de cet art de géométrie, où il s'agit de tracer des intersections sur des plans concaves ou convexes de sections coniques droites ou gauches à partir de plans horizontaux ou verticaux graticulés, c'est-à-dire, divisés en carrés. Le père explique qu'après avoir quadrillé le modèle au sol, il choisissait le nombre de carrés à faire en un jour et faisait recouvrir d'intonaco la voûte correspondante ; puis il reportait le quadrillage (graticolazione) sur l'enduit, en suspendant à la voûte une grille, réalisée avec des ficelles, reproduisant à l'échelle le quadrillage du dessin préparatoire ; il projetait cette grille sur la voûte, en opérant la nuit au moyen d'une source lumineuse située au centre de la perspective conique. À l'époque où travaille Andrea Pozzo, la peinture a fresco du Moyen Âge est abandonnée, et on peint alors sur un mur a mezzo fresco (à moitié humide) en employant un enduit très granulé qui accroche la couleur. Le père commença sa carrière de quadraturista par un coup de maître, la coupole de San Francesco Saverio à Mondovi, où il a figuré, comme si elle était vue de la nef, une rotonde octogonale portée sur d'énormes consoles et s'ouvrant dans un ciel où l'on voit la gloire de san Francesco Saverio ; à l'abside, P […]
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