L'importance de Pozzo dans l'histoire de la peinture a été reconnue très tardivement. Il a partagé le sort de tous les artistes qui se sont adonnés à la peinture de plafond. Pour la peinture moderne, les musées ont absorbé longtemps tout l'intérêt des historiens d'art, donnant ainsi une valeur exagérée aux tableaux de chevalet. La réhabilitation de l'art baroque, qui s'est accomplie au cours de la première moitié du xxe siècle, a attiré enfin l'attention sur la peinture décorative et par là même sur la peinture dite plafonnante, création de l'Italie ; la place prépondérante de Pozzo dans ce domaine est alors apparue. Toutefois, la peinture plafonnante n'a pas encore donné lieu à des études approfondies, et l'œuvre de Pozzo doit faire encore l'objet d'une revalorisation.
1. À l'école des Vénitiens et de Rubens
Andrea Pozzo fut élève des jésuites ; il gribouillait des croquis sur ses cahiers de latin. À dix-sept ans, il entra chez un peintre qui lui fit copier les tableaux des églises de sa ville natale, Trente. On suppose qu'il a dû avoir des contacts avec la peinture vénitienne, ne serait-ce qu'à cause de la proximité de Vérone. Lui-même a dit que ses modèles avaient été les Vénitiens et Rubens. Trois ans après, un peintre qui passait à Trente l'emmena à Côme, et il travailla pour lui pendant deux ans. S'étant fâché avec son maître, il alla à Milan et entra dans la Compagnie de Jésus, comme frère laïc, le 23 décembre 1665. Il se rendit vraisemblablement ensuite à Gênes, où l'on trouve quatre tableaux d'autel de sa main, et c'est là qu'il découvrit sans doute l'art de Rubens. Sa première grande entreprise personnelle documentée est la décoration de l'église de la mission San Francesco Saverio à Mondovi, en Piémont (1676-1677). Il est invité ensuite à la cour de Turin (1677-1679), y travaille pour le compte des Jésuites et de diverses paroisses. En 1681 il est à Rome, où il réalise son chef-d'œuvre de décorateur : l'autel de saint Ignace à l'église du Gesù (1695-1699). Le prince Anton Flori […]
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