Proche de Le Corbusier, dont il fut, pendant vingt ans, le collaborateur, André Wogenscky a su créer une œuvre personnelle, qui constitue une contribution originale à l'architecture du xxe siècle. Né à Remiremont (Vosges), il est admis à l'École des beaux-arts de Paris en 1934, à l'âge de dix-huit ans. Parallélement à ses études d'architecture, il suit des cours à l'Institut d'urbanisme de l'université de Paris et à l'Institut des techniques sanitaires de l'École des arts et métiers. En 1936, il entre à l'agence de Le Corbusier, où il travaille d'emblée sur le thème novateur des « unités d'habitation », grands immeubles pourvus d'équipements collectifs (écoles, crèches, commerces, etc.), qui devaient, dans l'esprit de Le Corbusier, assurer un juste équilibre entre les exigences de l'habitat et celles de l'urbanisme. Wogenscky participe aussi, au côté de son maître, aux recherches théoriques sur le « modulor », système de mesures et de proportions applicables à la conception des bâtiments et du mobilier. Après la guerre, il prend part, dans le cadre de l'Atbat (atelier des bâtisseurs), avec Vladimir Bodiansky et Jacques Lefèbvre, à la construction de l'unité d'habitation de Marseille, puis à celle des unités de Nantes-Rézé et de Briey-en-Forêt. En 1945, il fonde la revue L'Homme et l'architecture qu'il dirigera pendant deux ans. Son mariage avec Marta Pan (1952) marque le début d'une longue collaboration artistique. Il naîtra de leur œuvre commune une esthétique nouvelle, issue d'un échange inédit entre l'architecture et la sculpture. Cette esthétique, qui anticipe sur le minimalisme plutôt qu'elle ne prolonge la plastique corbuséenne, apparaît dans la maison-atelier de Saint-Rémy-lès-Chevreuse (1950-1952). Proportionnée « au modulor », le projet se développe dans les trois dimensions à partir d'un cube de 2,26 m de côté. La spatialité rigoureuse, le traitement des matériaux, le choix des couleurs, la continuité entre l'intérieur et l'extérieur, annoncent les réalisations ultérieures sur des programmes de plus grande en […]
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