Né à Bruxelles, André Vésale commence ses humanités à Louvain, puis étudie la médecine à Paris (1533-1536). Ses maîtres parisiens sont Gonthier d'Andernach et Jacques Sylvius ; Michel Servet est son condisciple. Sa passion pour l'anatomie l'entraîne à déterrer des cadavres au cimetière des Innocents et à dérober des pendus au gibet de Montfaucon. À vingt ans, il démontre que la mâchoire inférieure de l'homme est composée d'un os unique, contrairement à ce qu'enseignait Galien. Après un bref retour à Louvain, où il enseigne l'anatomie, il part pour l'Italie. Passant par Bâle et par Venise, il atteint Padoue à la fin de 1537, est reçu docteur de l'université et, après une remarquable leçon de dissection, il est nommé professeur d'anatomie et de chirurgie de cette université. Cette nomination est renouvelée en 1543 mais, pour une raison non éclaircie, il quitte précipitamment l'Italie l'année suivante et se rend à Madrid où Charles Quint lui propose d'être l'un de ses médecins ; il le suit dans ses voyages (France, Belgique, Autriche) et, lorsque ce prince abdique, il devient le médecin de son successeur Philippe II ; à ce titre il est appelé en consultation à Paris, en 1559, au chevet d'Henri II blessé à mort lors du tournoi donné en l'honneur du mariage de sa fille avec Philippe II. Lors de son séjour à Madrid, des inimitiés l'opposent à ses confrères flamands ou espagnols ; il quitte l'Espagne (1563), une fois encore dans des conditions mal définies. Avait-il, comme l'affirme Ambroise Paré, disséqué un gentilhomme en état de mort apparente et son voyage aux Lieux saints devenait-il un pèlerinage d'expiation ? Était-il las de l'Espagne et souhaitait-il, au retour de la Palestine, s'arrêter en Italie où Padoue s'apprêtait à lui offrir à nouveau une chaire ? Réellement malade, comme il le prétendait, cherchait-il la guérison sous un autre climat ? À son retour de Jérusalem, son vaisseau fait naufrage sur les côtes de l'île de Zante, et Vésale y meurt peu après.
C'est durant la partie padouane de sa vie (1537-1544) q […]
… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 1 page…



