Académicien, géographe, historien, économiste, enseignant, journaliste, grand voyageur, André Siegfried est surtout le véritable maître de la science politique française. Observateur privilégié de la vie publique française, analyste serein de l'évolution de la société mondiale, il a plus que tout autre contribué à faire naître deux disciplines promises à un grand avenir : la géographie économique et la géographie électorale.
Sa vie se confond avec celle de la IIIe et de la IVe République. Né en 1875, avec la IIIe République, il meurt en 1959, peu de mois après la disparition de la IVe. André Siegfried, dira Henri de Montherlant dans son discours de réception à l'Académie française en 1960, était « né sur un tapis de velours ». En effet, issu d'une famille de la haute bourgeoisie protestante (son père, Jules Siegfried, maire du Havre, fut ministre du Commerce dans le cabinet Ribot), il grandit dans une atmosphère qui développa en lui une curiosité planétaire. Il rappelle, dans ses Souvenirs de la IIIe République, que son plus ancien souvenir politique avait été, à l'âge de six ans, la rencontre de Léon […]
