2. L'inventeur
Ses travaux de laboratoire amènent Ampère à imaginer et à réaliser, de ses propres mains, des montages et des dispositifs ingénieux. Leur portée pratique est immense. Certains sont à la base d'appareils de mesure électrique : l'ampèremètre, pour la mesure de l'intensité, le voltmètre, pour la mesure des différences de potentiel.
Parmi les dispositifs expérimentaux on peut citer :
– La boussole astatique : c'est l'ensemble de deux petits aimants identiques disposés en sens inverses. Ce montage permet d'éliminer l'influence du champ magnétique terrestre sur un équipage mobile ; il facilite l'étude du champ créé par un courant. La sensibilité de l'appareil est considérablement accrue. Ainsi le galvanomètre était-il inventé.
– Le solénoïde : il est constitué par l'enroulement en hélice d'un fil métallique auquel Ampère donne le nom de solénoïde, mot qui, étymologiquement, signifie « en forme de conduit ». Traversé par un courant, le solénoïde se comporte comme un véritable aimant ; l'allure des lignes d'induction du champ magnétique extérieur est comparable. On peut lui attribuer une face nord et une face sud, comme dans le cas d'un aimant. Cet enroulement est utilisé dans un grand nombre d'appareils : transformateurs, électro-aimants...
– L'électro-aimant. Profitant de la découverte faite par Arago de l'aimantation du fer par le courant, Ampère imagine de l'utiliser en plaçant du fer doux à l'intérieur du solénoïde. Il obtient des effets beaucoup plus grands. L'électro-aimant était inventé. « Nulle invention, depuis celle de l'imprimerie, n'eut plus d'influence dans le monde que celle de l'électro-aimant ; c'est lui l'organe essentiel de toutes les applications électriques ; c'est par lui que tous les progrès ont été accomplis » (extrait d'un discours prononcé par Marie Alfred Cornu lors de l'inauguration de la statue d'Ampère, le 8 octobre 1888).
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