« Debout, Messieurs, le drapeau de la barbarie flotte sur le temple de la culture. » Jeune assistant tout juste nommé, en 1942, à la faculté des lettres de Lyon, André Mandouze demandait, en ces termes, à ses étudiants d'observer une minute de silence pour marquer l'arrivée des nazis à Athènes. Tout au long de sa vie d'universitaire, spécialiste, mondialement reconnu, de saint Augustin et du christianisme antique, il n'allait cesser d'être ce résistant audacieux et ce chrétien rebelle.
André Mandouze est né à Bordeaux le 10 juin 1916. Il sort de l'École normale supérieure en 1937 comme agrégé de lettres. Dès le début des années 1930, il était entré en résistance contre le franquisme et l'Action française. Et déjà l'étudiant brillant s'était imposé comme le « prince des talas » de gauche, parmi les normaliens qui fréquentent l'aumônerie de la rue d'Ulm et « vont-à-la-messe ».
La vie d'André Mandouze va dès lors s'organiser en trois grandes séquences, successives et liées. La première est celle de la Résistance. Quand il arrive de Toulouse à Lyon en 1942, ce jeune professeur de latin, ancien dirigeant de la Jeunesse étudiante chrétienne (J.E.C.), est déjà repé […]
