3. La maison des champs
L'affaire de Vaux-le-Vicomte, à l'issue de laquelle Le Nôtre se voit, administrativement parlant, grandi, est un coup d'arrêt non seulement à la carrière de Fouquet, mais surtout au processus de colonisation des anciens fiefs et des terres agricoles de la région parisienne par la bourgeoisie d'office. La maison de plaisance ou maison des champs (le terme château n'est pas employé à l'époque) est le complément de l'hôtel urbain. Sur trois générations en moyenne, les négociants parisiens acquièrent des terres, parfois jusqu'à mille hectares d'un seul tenant, et, ultime étape, construisent la maison de plaisance accompagnée de son jardin, en même temps qu'ils accèdent aux charges d'officiers royaux. La prolifération de ces demeures est indéniable au cours des décennies 1610-1650 ; on peut en recenser une bonne cinquantaine, essentiellement groupées au sud et à l'ouest de Paris. Certaines comme Villeroy ou Le Raincy n'avaient rien à envier au faste de Vaux. Au-delà des rivalités et des affaires économiques, Fouquet paie en quelque sorte pour les autres, et Louis XIV récupère à son actif le rôle de mécène et de concepteur éclairé qu'avait joué pendant quelques années le Surintendant.
[…]… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 3 pages…



