À quatre-vingt-huit ans, le graveur André Jacquemin reclassait ses gravures (plus d'un millier) et ses illustrations ; la rédaction du catalogue raisonné de son œuvre était entreprise... Dans la gravure, il représente la grande tradition de la taille-douce d'après nature, l'expression toujours renouvelée du blanc et du noir, dont il dira lors de son discours de réception à l'Académie des beaux-arts, le 27 janvier 1982, reprenant la phrase de Paul Valéry : « Nous communions dans le blanc et le noir dont la nature ne sait rien faire. » C'est en blanc et noir qu'il a réalisé ses célèbres paysages, thème si hasardeux en gravure ; il est l'un des représentants, avec Soulas et Dunoyer de Segonzac, de l'école de paysagistes, l'une des meilleures expressions de la gravure française d'entre les deux guerres. Mais il est aussi portraitiste, animalier, graveur de nus, de scènes de genre, de types, de natures mortes et illustrateur.
La carrière d'André Jacquemin se déroule très harmonieusement. Né le 3 septembre 1904 à Épinal, il quitte sa ville en 1919 pour Paris. Élève de l'école des Beaux-Arts de 1921 à 1923, il se plie difficilement à l'esprit de celle-ci. Il opte pour un enseigne […]
