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FRANÇOIS-PONCET ANDRÉ (1887-1978)

André François-Poncet et Konrad Adenauer, 1951

La personnalité d'André François-Poncet, germaniste, journaliste, député, ambassadeur, académicien, est tout aussi marquante que le caractère dramatique des événements auxquels il fut mêlé.

Jeune lycéen, il avait été envoyé par son père magistrat étudier outre-Rhin. Normalien, il avait passé brillamment l'agrégation d'allemand. Journaliste, il fut le fondateur du Bulletin quotidien, publication économique dont l'éclat s'éteignit quand il la quitta. Lors de l'occupation de la Ruhr, il se distingua dans les fonctions de chef de presse auprès du général Degoutte.

Élu député à Paris en 1924, réélu en 1928, il milita à l'Alliance républicaine et démocratique aux côtés d'un André Tardieu, d'un Pierre-Étienne Flandin, d'un Paul Reynaud et fut plusieurs fois sous-secrétaire d'État aux Beaux-Arts et à l'Économie nationale. De tendance plutôt conservatrice, il était essentiellement un libéral, rejetant tout autoritarisme, mais convaincu de la nécessité de l'ordre et d'une industrie française solide face à l'industrie allemande.

Poincaré était son modèle. Quelque peu déçu par la carrière parlementaire, il se fit nommer, dans l'été de 1931, ambassadeur à Berlin en mission temporaire. Le premier conflit mondial lui avait laissé l'horreur de la guerre. Tous ses efforts devaient tendre à éviter pour la France le retour de pareilles épreuves. La tentative généreuse d'Aristide Briand et de Gustav Stresemann n'avait pas été suivie du succès espéré ; mais le rapprochement, s'il avait échoué par les gauches, pourrait, pensait-il, réussir éventuellement par les droites. Le nationalisme des milieux militaires et de l'entourage de Hindenburg le déçut rapidement. Il n'en poursuivit pas moins sa recherche du maintien de la paix et accepta son ambassade à titre définitif. Il y modernisa et accéléra le travail.

Inquiet de réformes agraires qui pourraient menacer sa terre de Neudeck, le maréchal Hindenburg renvoya le chancelier Brüning qui venait de le faire réélire, appela Franz von Papen et son cabinet de barons, […]

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